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| Tout part du “muid”,cette ancienne mesure
de capacité utilisée aussi bien pour les liquides que pour
le sel et les céréales en grains, qui, à Paris, équivalait
à 268 litres pour les vins, lorsqu’ils n’étaient pas vendus
au poids. La capacité était sans commune mesure pour le sel
et les grains
(1 872 litres). Il fallait deux (“une paire”) feuillettes pour un muid de vin à chablis. Cela équivalait à 36 “ septiers ” (mesure de 7.6 litres) de 8 pintes (de 0.95 litres) pour atteindre avec précision la valeur du muid, donc, divisé par deux, d’une feuillette chablisienne, amenant la contenance de celle-ci à 136.8 litres. Dans le chablisien, “les usagers loyaux, locaux et constants” de toute transaction sur le vin furent longtemps établis sur la base de la feuillette de 136 litres “logés”, c’est à dire futaille comprise. S’il manquait 4 litres à l’enlèvement; personne ne disait mot. En dessous de 132 litres, l’acheteur demandait une déduction. Après la seconde guerre mondiale, on commença, sur Chablis, à proposer des prix de transaction sur la base de 132 litres la feuillette, alors que tous les barêmes officiels (“commecy”) utilisés en France, basaient la “feuillette Bourgogne” sur 136 litres (proche de la contenance historique de 136.8 litres). Grand branle-bas dans le landernau chablisien ! plus personnes ne veut vendre à l’unité de 136 litres, mais bien sur la nouvelle base de 132 litres (ça gagne 4 litres de bonus, à fournir en moins). Depuis un peut plus de cinquante ans, “les usagers loyaux et locaux…” adoptèrent la nouvelle “constance” de la contenance de 132 litres pour les transactions chablisiennes à la feuillette. C’est ainsi que l’on écrit l’Histoire… à Chablis Sur un plan pratique, un quai de chargement sur l’Yonne, à Auxerre, n’a rien à voir avec celui d’un grand port maritime (Le Havre, Calais, Marseille, etc.) ou fluvial (Bordeaux, Rouen, etc.); aussi le transport sur barges ou gabares et les opérations de chargement et de déchargement sur les quais de Bercy, à Paris, étaient-ils facilités par l’utilisation d’une feuillette de moindres poids et tailles, par rapport, même à la “pièce” bourguignonne traditionnelle de 225/228 litres. A noter, au passage, que la feuillette de chablis n’est donc pas une “demi-pièce Bourgogne”, puisqu’elle contient 132 litres au lieu de 112.5/114 litres (capacité de la demie). “Feuillette” est, en soi, un mot intéressant : il viendrait de “fillette”, désignant, dès le moyen-Âge, une mesure pour les liquides. Mesures en bois, tonnelet, petit tonneau, qui tirerait son nom de la référence à “feuille”, synonyme de “planche” (XIVe siècle). Cette “fillette” là ne doit pas être confondue avec la traditionnelle “fillette angevine”, équivalant à une demi-bouteille (d’où l’expression habituelle, en Anjou – personne n’y voyant rien de malicieux ni de déplacé dans son emploi – de “baiser une fillette”, qui signifie boire une demi-bouteille – de 37.50 cl – de vin). |
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